Aujourd’hui j’ai noté deux éléments importants dans les infos:
- D’une part, la décision du gouvernement brésilien d’accorder refuge au président du Honduras Manuel Zelaya à l’ambassade brésilienne de Tegucigalpa. Effectivement, rares ont été les manœuvres diplomatiques du Brésil, qui dénotaient jusqu’à il y a peu une très faible influence diplomatique, étrange car asymétrique par rapport à son poids économique en Amérique du sud. Est-ce le début du réveil brésilien ou la reprise en main brésilienne des affaires sud-américaines? L’achat quasi-finalisé, il y a quelques jours, d’avions de chasse français de type rafale, en dépit de l’offre du constructeur américain boeing de F-18, peut être un indice dans ce sens. Le Brésil chercherait probablement à légèrement se dégager d’une influence américaine, via une dépendance technologique de ton système d’armement (les États-Unis se réservent le droit d’annuler des contrats d’armements de ses sociétés nationales si des transferts de technologies liés à ses accords “portent atteintes aux intérêts nationaux”).
- D’autre part, des discussions poussées entre les dirigeants chinois Hu Jintao, et japonais Yukio Hatoyama, soulignent un rapprochement entre les deux pays. Durant la campagne électorale japonaise, le DJP (parti démocrate japonais) n’a pas caché son intention de réviser les relations privilégiés que le Japon entretient avec les États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Le nouveau premier ministre a mis l’emphase sur une coopération bilatérale plus forte avec son puissant voisin continentale, principalement dans un cadre économique. Deux points importants sont à noter dans les déclarations de Mr Hatoyama: le premier point est sa volonté de régler certains sujets de désaccords entre les deux pays, en engageant le sujet de la mer de Chine du sud, riche en gaz, revendiqué par plusieurs pays limitrophes. Le deuxième point est la décision de ne pas renouveler la mission des Forces japonaises d’autodéfense (JSDF) de ravitaillement des troupes américaines dans l’Océan Indien, prouve l’engagement du gouvernement japonais à une activité diplomatique régionale plus importante, ce qui change radicalement de sa posture antérieure consistant à une omniprésence américaine. Le premier ministre s’est même entretenu avec le président russe Medvedev au sujet de disputes territoriales, en l’occurence les iles Kouriles.
Dans le livre de Zbigniew Brzezinski, l’auteur parle de la politique extérieur que pourrait mener le gouvernement japonais face à l’émergence de la Chine comme puissance régionale, voire globale. Il est intéressant de noter que les dirigeants japonais se conforment pratiquement trait pour trait à cette politique qui consiste à avoir une attitude amicale avec la Chine et développer des rapports économiques solides, tout en ré-assurant des liens forts avec les États-Unis afin de diluer les tensions inter-états, et de n’en pousser aucun à vouloir ni même penser développer une posture belliqueuse vis-à-vis des autres puissances de la région.